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3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 17:49

 

 

Restauration d'un tableau du 18ième siècle

 

termine.jpg 

Le martyre de Sainte Catherine

 

 

On a effectué huit opérations.

1 Nettoyage, allègement des vernis

Existence de deux vernis (un ancien et transparent, un plus récent et marron)

Le vernis en vieillissant fonce et empêche la lisibilité de l’œuvre. De plus ce tableau a été conservé dans des lieux humides ; le vernis s’est donc opacifié et a blanchi (présence de chancis).

Le nettoyage du tableau a été effectué avec un mélange de deux solvants : l’acétone (très volatile) et de l’essence de térébenthine qui apporte la présence d’un corps gras.

Le nettoyage a été efficace dans les parties claires (ciel, carnation), il a permis de découvrir la trace d’anciens mastics dans la partie de l’ange et dans la robe de Sainte Catherine.

 

2 Enlèvement de la toile de doublage

Cette toile, faite d’un tissu grossier et abîmé était placée derrière la toile peinte certainement pour renforcer l’ensemble ; cette toile était très détendue et abîmée par l’humidité. Elle a sans doute été posée au cours d’une ancienne restauration .

Après avoir enlevé cette toile, j’ai passé de la colle de peau à l’arrière du tableau et j’ai posé des pièces en tissu synthétique dans les trous et fentes de la toile.

 

3 Pose des premiers mastics faits à base de colle de peau et de Blanc de Meudon, en couches successives.
 

masticage.jpg

 

Ce mastic peut soit être posé à chaud sous forme de gouttelettes, soit à froid sous forme de pâte que l’on réchauffe à la chaleur du corps, au creux de la main.

 

Ce mastic convenant mieux à une peinture lisse, ce qui n’est pas le cas ici, j’ai opté pour le choix d’un deuxième mastic, le mastic à la cire d’abeille qui épouse mieux la texture de la toile et qui permet de supporter des empreintes de texture, rappelant la trame de la toile .

Ce nouveau mastic a entre autre permis de combler la lacune principale dans le manteau de Ste Catherine ; pour retrouver la texture de la toile je me suis servi d’un tissu grillagé qui a été appliqué sur le mélange à base de cire et de résine encore chaud.

Avant le deuxième masticage

Stecatheri0.jpg

 

Après le deuxième masticage

Stecatheri1.jpg

 

4 Problème de la tête de l’ange où la toile et la peinture sont en très mauvais état

 

Ce problème était dû au frottement de la traverse à l'arrière du tableau. J’ai décidé alors de retirer la toile de son châssis initial, ce qui n’a pas été sans mal étant donné la présence de nombreuses semences et clous rouillés qui maintenaient la toile.

ange0.jpg

 

 

 Afin d’aplatir les bords et de retrouver une toile plate, la surface a eté posée sur un grand plan de travail, elle a été nettoyée et humidifiée.

aplatissement.gif

J’ai ensuite décidé de doubler cette toile.


ange1.jpg

 






                                                                               

5 Doublage de la toile

Au préalable la toile nouvelle (mélange de coton et de lin) est tendue sur un chassis neuf (plus grand que l’ancien châssis). Ceci permet d’avoir une surface plane et permet aussi d’avoir un tissu sous tension ; ainsi lorsque l’on retendra les deus surfaces collées, il n’y aura pas de décollement possible par la tension.

La nouvelle toile est donc collée à la colle de peau, au verso de l’ancienne ; des poids sont nécessaires car la colle de peau, colle naturelle à base d’eau prend deux, trois jours pour sécher.

Lorsque le tout est bien sec, on se sert de deux plaques en bois pour tourner le tout (la toile est prise en sandwich entre les deux plaques)

sandwich.gif

Lors du séchage, il a fallu protéger le plan de travail par du papier aluminium afin que la toile ne se colle pas par capillarité au support.

 

6 Traitement de l’ancien châssis

 

Le châssis est limé sur les côtés, les anciens clous sont enlevés. Il est ensuite poncé et traité avec des fongicides, à cause de la présence de vers à bois. Les anciennes clés inefficaces, sont remplacées par de nouvelles .Le châssis est alors de nouveau en tension grâce aux 8 clés dans les quatre coins .

7 Rebouchage des lacunes à l’aide d’un mélange pigment/vernis à retoucher

Il est préférable d’utiliser des pigments mélangés à un vernis car cela donne des couleurs plus intenses et cela vieillit mieux que si on avait utilisé des pentures à l’huile toutes faites . De plus le vernis à retoucher peut facilement être enlevé donc la restauration peut être reprise par la suite

 

8 Mise en tension de la toile sur son ancien châssis et finition des bords

Après avoir attendu que le châssis soit totalement sec, et avoir reverni la toile (après un certain laps de temps), la toile est retendue sur son châssis initial et on réajuste les clés . Pour protéger le châssis du vieillissement des agrafes on utilise des petits carton à ph neutre.

 

9 Tableau restauré

 
termine.jpg 


 

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Published by Sophie Colmerauer - dans Restauration
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commentaires

aurore orlandi 25/03/2009 14:33

Bonjour
Je desire pour l'année qui arrive suivre une formation pour etre restauratrice. Je recherche au préalable des renseignement et notemment une fiche où il serait écrit comment observer l'oeuvre avant d'y toucher (comme par exemple d'abord l'observer avec une lumiere rasente..etc) Sauriez vous vers quel site je peux me diriger pour trouver cette 'fiche' s'il-vous-plait?
Mes salutations

Profil

  • Sophie Colmerauer
  • J'ai eu une expérience variée, restauration à l'Ecole de la Cambre à Bruxelles, licence d'Arts plastiques à Aix en Provence. Actuellement j'enseigne à Marseille.
  • J'ai eu une expérience variée, restauration à l'Ecole de la Cambre à Bruxelles, licence d'Arts plastiques à Aix en Provence. Actuellement j'enseigne à Marseille.

Ma peinture

Ma peinture s’inspire de la nature avec les couches successives des sédiments, grattés, recomposés. J’utilise l’acrylique, qui permet la superposition de couleurs comme en sérigraphie avec parfois l’utilisation de pochoirs. Des couleurs vives, du rouge, du vert, du bleu en sous couches puis du noir et du blanc par superposition, glacis, empreintes, ou grattage. Mes derniers tableaux sont souvent sous forme de diptyques ou triptyques, ce qui leur donne une certaine spatialité. Ils invitent ainsi le spectateur à observer la mémoire du temps qui passe.

Si vous voulez me contacter :
sophie.colmerauer@free.fr